About



Eleonore Coyola is a French artist working mostly with drawing and sculpture. After growing up in a small town on the coast of France, she moved to Paris study at Ecole Nationale Superieure des Arts Décoratifs and briefly at The School of the Art Institute in Chicago, US. She first studied Object Design, a subject that is still at the heart of her work, but has now moved onto Fine Arts, working with materials like wood, plaster, concrete and metal.

Eléonore makes connections between images, shapes, ideas, and textures that at first seem to have no obvious relation ; grass and popcorn ceilings, drops of milk and bullets, raised hairs of angry dogs and silhouettes of pointy factory roofs.
She loves shortcuts, and that’s why she uses minimal shapes and caricatural representation ; claws signify animals, schematic drawings become abstract motifs, and so on. Opposites attracts her. Her practice constantly negotiates between clarity and ambiguity, where a simplified sign can open into multiple interpretations.
Yet her forms, though efficient and minimal, emerge from labor-intensive processes. She thrives on the paradox of using meticulous, almost obsessive techniques like polishing, sanding, or faux finishing to produce objects that appear immediate or even cartoonishly direct. This tension between effort and apparent ease becomes one of the driving forces of her work.
She is captivated by the uneasy strangeness that modern and industrialized shapes can provoke in us. Their cold precision, artificial neutrality, or mass-produced nature often unsettle us. Through her sculptures, she attempts to dissect this discomfort and recreate it, pushing the technical artifice of her pieces to an almost absurd extreme. She allows the uncanny nature of contemporary forms to surface, not only as a critique but as a field of curiosity, an invitation to look again at the familiar until it becomes strangely pleasing.
PressOrbit shpere interview with Rio Usui
2025

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(FR) Textes

Tina Bonny pour le catalogue de l’exposition collective “Je laisserai toutes sortes d'oiseaux voler chez moi » (2026, CAC La Traverse, Alfortville, FR). 

“ À la manière du jardinier attentif aux saisons et paysages qui changent, Éléonore Coyola regarde les espaces façonnés par l’humain, les grandes forêts plantées, avec leurs arbres disposés à bonne distance les uns des autres, régulière. Elle se dit que c’est étrange, cette manière d’organiser ce qui ne se range pas. Et, en même temps, elle trouve ça très beau. Est-ce que les arbres sont tristes d’être ainsi alignés ? C’est la beauté des chiffres, de ceux qui savent raconter des histoires, de ceux qui savent contrôler la nature. Dans le même genre, il y a les « crop circle », ces grandes formes géométriques parfaites et mystérieuses qui apparaissent dans les champs. Il y a aussi les grandes créatures de métal qui les arrosent en avançant doucement, l’été.
Il y a les jardins et les corps d’eau qui les traversent pour irriguer, bien symétriques au milieu des haies. Il y a les bords des routes, les endroits où toujours un
brin d’herbe saura se faufiler.
« Jardin », ça vient de l’allemand garten, enclos. Tout cela se déroule dans un cadre bien défini : le champ, la feuille, la grille. Les dessins d’Éléonore rappellent les décors formatés et pixellisés des jeux de notre enfance : deux heures dans Minecraft pour fabriquer le village de ses rêves. Il y a aussi tous les animaux du jardin, pour qui ces grilles ne sont pas des prisons, puisqu’il leur suffit de les traverser ou de les contourner. Des stratégies de détournement, comme celle d’un enfant qui apprend à dessiner son jardin dans un carnet pour avoir le temps de le reproduire plus tard dans l’Ipad familial. Il y a des pelotes de laine comme des graines qui refusent de pousser.
Ça ressemble aussi aux cocons des araignées, petites boules de soie pour protéger les œufs jusqu’à l’éclosion. Tout ça, les enclos, les grilles, les graines qui ne veulent pas grandir, c’est la même chose : habiter le lieu, habiter la faille. Prendre les règles pour les faire siennes. Tout ça, c’est tenter d’habiter les interstices, les indécisions du paysage. C’est se mettre à la hauteur du hérisson, du chat, de la souris, et comprendre comment chacun vit dans l’enclos, comment chacun, à la manière du renard, fait preuve de ruse pour contourner les pièges. Les grilles-refuges d’Éléonore sont le support de l’invention possible, du détournement propre aux animaux, aux plantes et aux enfants, témoins et acteurs d’un monde dont ils n’ont pas participé à définir les règles. Numbers tell a different story. Les chiffres racontent une autre histoire ; ils ne racontent pas les racines au-dessous des forêts bien rangées, la graine qui refuse de grandir, le hérisson surpris dans le flash d’un téléphone, les cocons de soie et les brins d’herbe au milieu des îlots de béton. Sous la géométrie de la grille, il y a l’inventivité du hérisson. Il y a l’art de
détourner les contraintes : une haie, c’est aussi un chat qui se faufile. Puisque sous l’apparente géométrie des forêts bien alignées, la vie avance « selon un chaos poétique offert à tous ceux qui veulent bien ne pas fermer les yeux ». 
J’ai reçu de bonnes nouvelles du piège : si on regarde bien dans tous les recoins, il y aura toujours une grille par laquelle s’échapper.”